Albert BOUQUILLON dans la sculpture du XXème siècle
Si Marcel GIMOND se réclame d’Aristide MAILLOL, attirés tous deux par la beauté classique, comme du reste Pierre POISSON, l’œuvre d’Albert BOUQUILLON demeure emprunte de la même attirance esthétique. Rondeurs, sensualité suggérée, fidélité des formes et naturalisme cohabitent dans son travail.
Avec un sentiment de moindre anxiété, de tourment atténué ce dernier approche le difficile moment d’affronter la réalisation du portrait psychologique. Cette anxiété, ce tourment que l’on retrouve plus accentués peut-être chez Robert WlLERICK ou Charles DESPIAU.
Ils ont tous en commun cette passion pour le portrait et le nu. La volonté de rester fidèle aux thèmes n’empêchera pas Albert BOUQUILLON d’adapter son travail toujours figuratif, à l’évolution du regard moderne qu’il porte à son œuvre. Artiste résolument indépendant, il utilise cependant cette volonté de retour vers la technique de la taille directe qui n’exclut évidemment pas le modelage. Les deux procédés seront invariablement utilisés par le sculpteur, constituant des œuvres originales réelles car réalisées directement par lui-même. Pour lui, la taille directe et le modelage sont tous deux des moyens de réalisation qui permettent de rendre compte de la forme et d’insuffler l’esprit dans l’œuvre. Et si le bronze est coulé en fonderie, Albert BOUQUILLON en suit de près l’évolution.
Ces artistes venus du Nord qu’étaient Robin, Carpeaux, Rude ont développé cet esprit à travers la réalisation de monuments. Cette monumentalité en sculpture intéresse Albert BOUQUILLON qui développe ce type de travail en répondant aux commandes de villes et de régions. Maurice Denis en parlant de l’œuvre sculptée de Maillol dit : « … Il a l’ambition et l’honnêteté d’achever, de polir, de produire enfin l’objet d’art parfait. Il y met le temps qu’il faut … ». Cette définition du statutaire ne pourrait que convenir à l’œuvre d’Albert BOUQUILLON.
Roberto PERRAZONE