BIOGRAPHIE

 
 



Albert BOUQUILLON est né le 18 août 1908 à Douai, rue des Foulons, tout près du Beffroi, patrie de Jean de Bologne, ville chère à Corot. Le milieu familial devait contribuer à éveiller sa vocation artistique. Son père est peintre décorateur, épris de dessin et de peinture. Il lui offre sa première boîte de peinture à 5 ans. Il en gardera le goût des croquis de voyage à l’aquarelle. De sa mère, il gardera le sens du travail, de l’ordre et de la méthode. Il doit à la Flandre ce physique solide et sportif, des yeux bleus, ces mains carrées et puissantes, vouées à domestiquer la matière pour qu’elle devienne forme et sensibilité.


A seize ans, Albert BOUQUILLON entre à l’Ecole des Beaux-Arts de Douai. Il s’initie au dessin, à la peinture, à la sculpture et à l’architecture. Trois ans passent : le temps de préparer le concours d’admission à l’Ecole des Beaux-Arts à Paris. Reçu premier, le voici parti à l’assaut de la Capitale : il avait à peine 20 ans, cherchant son orientation et tenté tout d’abord par la peinture. Puis, ce fut la rencontre décisive avec le sculpteur Alexandre Descatoires, lui aussi douaisien. Une maquette d’un monument aux morts de 1914 – 1918 attire son attention. C’est une révélation.


Admis numéro un en 1926, Albert BOUQUILLON poursuit sa formation à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts à Paris de 1927 à 1934. De son professeur Henri BOUCHARD, lui aussi prix de Rome, il conservera ce goût pour des œuvres poursuivant une intention de témoin de son temps.


Mais son destin devait le conduire à Rome, Villa Médicis. Premier Grand Prix de Rome de sculpture en 1934, il devient pensionnaire de l’Académie de France. S’il travaille beaucoup à la Villa et satisfait aux « Envois de Rome », il garde en tête qu’il s’agit là d’abord d’une opportunité d’apprendre et de découvrir les grandes cultures classiques de la Méditerranée. Grâce à une bourse de voyage de l’Etat, il visite la Grèce, Constantinople dès septembre 1934. Ce seront ensuite de nombreux voyages en Italie dont il apprend la langue qu’il parlera couramment.


De retour à Paris en 1938, il est mobilisé l’année suivante en Lorraine. Il exécute en 1939 un bas-relief pour le pavillon de France de l’Exposition Internationale de New York.


La retraite de 1940 le conduit à Albi. C’est dans l’enceinte du musée Toulouse-Lautrec, dans un atelier prêté par la ville, qu’il commence sa vie de sculpteur. Il y rencontre son épouse. Il rentre à Paris, zone occupée en mai 1941, pour se marier le mois suivant. Ses témoins sont Bouchard et Descatoires.


Il travaille inlassablement. Bientôt arrive la reconnaissance de son talent. Les commandes officielles affluent. Le ministère des Beaux-Arts lui commande une œuvre destinée aux jardins du Palais de Longchamps à Marseille : ce sera Lamartine, une sculpture en pierre exécutée en 1941. Le nouveau Conservatoire de Musique de Douai s’ornera d’un bas-relief signé  Albert BOUQUILLON, l’enfant du pays. Le nouveau lycée de cette même ville accueillera une statue en pierre intitulée « La Sève ».


En 1943, la ville de Paris lui commande une statue de Saint Antoine de Padoue, toujours visible à l’église Saint Thomas d’Aquin. Les malheurs de la guerre lui inspirent « le Prisonnier ». 1946 voit la première exposition de ses œuvre à Douai et l’année suivante Cambrai lui demande de réaliser l’Ephèbe au Repos. 1949 voit la naissance de son fils et la réalisation d’une de ses œuvres les plus populaires « La Jeunesse » aux formes harmonieuses, dont le léger détachement gracieux repose sur un subtil porte-à-faux. Il participe dès lors à la plupart des grands Salons et à nombreuses expositions publiques et privées. En 1952, il est élu Président de la section sculpture de la Société Nationale des Beaux-Arts. Dans une Europe à peine naissance il voyage pour la peinture aux Pays-Bas, pour la sculpture en Espagne.


Ses œuvres viennent agrémenter le paysage urbain. Citons, par exemple : la statue de Marceline Desbordes-Volmore ou encore le bronze intitulé «les Adolescents». Les commandes se multiplient : Musée National d’Art Moderne, Musée d’Art Moderne de la ville de Paris, Musée d’Albi, de Douai, d’Alès. La Conservatoire National de Paris fait appel à son talent ; les villes de Belfort, Dunkerque, Marseille aussi… Bayeux immortalisera « l’Etudiante » ; Strasbourg vibrera au rythme des « Quatre saisons » ; Barentin contemplera « La vierge à l’enfant ».


En janvier 1956, il est nommé Chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur.Puis chevalier des Arts et Lettres en 1960. Les années soixante et soixante-dix sont particulièrement fructueuses sur le plan créatif. Entre salons, œuvres privées, esquisses ou réalisation de monuments publics, les années sont denses et les vacances courtes. D’autant qu’il est, en parallèle, professeur à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués. Il aime en effet enseigner et transmettre, ce qu’il fera jusqu’en 1971 dans cette école. Il enseigne également à l’Académie Met de Penninghen, devenue depuis ESAG.


Les honneurs ne tardent pas à venir, couronnant une vie de travail au service de l’Art. Pour la première fois, le Prix Populiste est décerné à un sculpteur. C’est « L’aveugle » qui sera ainsi récompensé, « une des pièces les plus abouties, les plus sobrement expressives de la sculpture moderne », selon la critique.


Il poursuit dans les années 1980 sa création, se tourne vers le bois sans délaisser la pierre et cette époque voit de nombreuses œuvres en taille directe.


En 1990, la ville de Paris lui commande une œuvre monumentale « le Porteur de Viande » destinée à rappeler l’activité des Abattoirs de Vaugirard dans le XVème arrondissement,  transformés depuis en parc public, le Parc Georges Brassens. Elle sera inaugurée en mai 1991. L’œuvre, haute de plus de 2 m est montée et moulée dans son atelier. Albert BOUQUILLON a alors 83 ans.


Une grande exposition à l’Abbaye de Septmons, aux portes de Soissons dans l’Aisne, est inaugurée par le Ministre de la Culture en 1994 pour célébrer ses 60 ans de Prix de Rome et de travail de sculpteur. Il travaillera jusqu’en fin 1995 et décède le 11 janvier 1997 à Paris.